Le regard de Dieu sur les vacanciers

L’été se dessine… Le calendrier nous l’annonce, mais le beau temps se fait attendre. Nous ne résistons pas à l’étrange coutume migratoire qui lance des millions de nos compatriotes sur les routes, dans les gares, dans les aéroports.

Beaucoup d’entre nous quittent leur environnement, maison, travail, habitudes quotidiennes, études, laissant de côté tracas et préoccupations. Nous tombons vite dans la relaxation, l’insouciance. Mais notre ouïe se réapproprie le silence de la campagne et des sentiers de montagne, voire les cris de joie des plagistes qui couvrent le bruit des vagues. Notre odorat retrouve l’air pur des sentiers et les senteurs du bord de l’océan…

Nous avons bien besoin de ce temps de relâche. Nous prenons le temps de goûter le nouvel environnement, sans tomber dans l’activisme des vacances. Nous allons privilégier la détente, les visites de monuments, goûter la nature et renouveler sa relation aux autres. Mais pendant cette période, que faisons-nous de notre vie spirituelle ? Laissons-nous Dieu et l’Église à la maison dans l’attente de notre retour ?

En tant que chrétien, les vacances sont aussi le temps pour renouveler notre relation à Dieu, peut-être s’attacher à la contemplation de la création, à la vie fraternelle, donner un peu de temps à la prière, pousser la porte d’une chapelle ou d’une église pour se recueillir, prier aussi pour ceux qui sont habituellement oubliés. L’imagination ne doit pas manquer pour réaliser cette rencontre avec Dieu et par exemple faire des choses que nous n’avons ni le temps, ni l’habitude de faire : prier en chemin, méditer une lecture de la semaine, lire la vie d’un saint, ouvrir son cœur avec nos proches, mais aussi avec ceux qui sont plus loin, assister à l’eucharistie, réfléchir sur le petit engagement que je pourrais prendre à la rentrée en paroisse… En fait, ne pas mettre Dieu en vacances, mais passer nos vacances avec Lui.

Dieu nous regarde, je vous livre quelques-unes de ses réflexions :
« Je regarde mes fils en vacances, dit Dieu, parce que c’est moi qui les ai créés à mon image. Et même quand ils se reposent, ils sont à ma ressemblance. Moi aussi, après la création, j’ai pris loisir de regarder mon œuvre et je me suis reposé ».
« Je vous vois aussi incapables de rester en place, dit Dieu, à tourner et à tournoyer comme des fourmis en déroute, je me dis que vos vacances, au fond, ce n’est pas du repos ».
« Je regarde mes fils en vacances, dit Dieu, sur les plages qui sont si belles et si bonnes, je le sais bien, moi, qui les ai faites, ils sont là étendus. Je n’ai rien contre les corps bronzés et les bains de soleil, on dirait que les âmes sont parties en vacances, abandonnant le corps sur le sable comme des poissons échoués ».

« Alors, ne m’oubliez pas ! Passez un heureux temps de vacances et vivons ensemble ces moments tant attendus ».

Pierre Guedin, Délégué pastoral du Val des Salines
(Texte publié dans la feuille paroissiale du mois de juin 2019)

Les parfums de l’été

Chaque année, juin donne à l’air une saveur particulière. Encore un bref effort et malgré la canicule attendue, nos soucis vont se mettre en état d’hibernation. L’actualité cède le pas aux priorités du moment : météo, voyages, farniente. Les sportifs ajustent leurs pronostics : voilà Roland-Garros, la Coupe du monde de foot et le Tour de France. Mais dans cet envol vers d’autres cieux, il faut bien garder un peu les pieds sur terre.

Les mois qui s’annoncent ne seront pas plaisants pour tout le monde. Il n’y a pas de repos sur la planète pour les conflits, les tortures, la pollution. RVO annonce la couleur : au Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), ça bouge avec les jeunes ; à l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), les droits de l’homme se réveillent. Si nos vacances sont là pour faire le vide, c’est pour mieux faire place à l’air pur, à la vie, aux vertus cachées de la « zenitude ». RVO propose de les retrouver par des chemins de traverses : photos, nature, musées et patrimoine.

Le soleil sera à son zénith le 21 juin avec la fête de la musique, ses orchestres et ses bals. Certains de nos voisins, isolés ou malades, seront absents du festival. Quand les lampions s’éteindront, continuons le concert. Il y a mille harmonies possibles à la fraternité.

L’école à peine finie, certains de nos enfants vont s’appliquer, sans rature, à faire leurs devoirs de vacances. Appliquons-nous aussi à faire de nos vacances un devoir sans rature, de paix et d’amitié. Bel été à tous.

Alain Vautrin
Rédacteur de RVO
Édito publié dans RVO n° 136, juin 2018

Sous le soleil : réflexion, randonnées, rencontres…

L’été. Mot de trois lettres qui fait rêver ! Lorsqu’on en parle, la première chose qui vient rapidement à notre esprit ce sont les vacances. Saison de rupture avec notre quotidien, période où nous essayons de nous relaxer, de prendre du temps entourés de nos familles et amis en profitant des journées ensoleillées. Nos activités paroissiales sont en veille, comme une pâte qui a besoin de reposer pour donner du goût à la rentrée.

L’été est aussi un moment propice pour découvrir de nouveaux lieux, faire de nouvelles rencontres, être pèlerin. Prendre son bâton de marche et partir à l’aventure, et éventuellement aller de nouveau à la rencontre du Seigneur. Que ce soit sur le sable ou sur les sentiers de montagne, nous sommes toujours appelés à nous mettre en route et à admirer la beauté de la création autour de nous. La joie de se retrouver donne goût à la vie, comme la saveur d’une pêche onctueuse que nous mangeons. Pour certains d’entre nous, cela permettra de faire le point, savoir où nous en sommes, établir des projets ; pour d’autres, ce sera l’occasion de se ressourcer auprès du Seigneur, d’entrer en méditation. Quant à moi, je serai en camp avec des jeunes de 10 à 17 ans à l’abbaye de Landévennec.

Alors, profitons pleinement de toutes ces richesses qui nous seront données et émerveillons-nous de l’instant présent. Ainsi, tel un feu d’artifice, notre cœur sera étincelant de tout ce que nous aurons vécu durant ce temps estival. Je vous souhaite à tous un très bel été.

Jean-Luc Larue, séminariste
(Édito publié dans RVO n° 130 du mois de juin 2017)

« J’aime le repos »… dit Dieu

rvo-n-124-page-2-edito-maurice-bezL’homme a le privilège de penser le temps. Il est le seul à souffrir du temps qui passe. L’animal vieillit, la fleur se fane, mais ni l’un ni l’autre n’en souffrent probablement, ils n’ont pas conscience de la durée. L’homme, lui, sait qu’il vieillit. Il possède une mémoire. Grâce à elle, je sais que je suis l’enfant, l’adolescent d’hier, l’adulte aujourd’hui et le vieillard de demain.

Le temps ? On parle tout le temps du temps. Le temps qu’il fait, mais encore plus du temps qui passe. Le temps qu’on gagne et le temps qu’on perd… et le temps qu’on tue.

Nous courons tous après le temps. Cependant les femmes savent bien qu’il faut de toute manière neuf mois pour faire un enfant ! Le temps, ce n’est pas quelque chose que l’on a, c’est quelque chose qui passe, quelque chose que l’on a, c’est quelque chose qui passe, quelque chose de fragile, car l’homme, comme le dit le psaume 102, ressemble à la l’herbe ou à la fleur des champs, elle fleurit, mais dès que le vent passe sur elle, elle meurt. Le temps est un extraordinaire trésor, l’ami le plus nécessaire et le plus sûr.

Dans le poème de la création en sept jours, Dieu se repose le septième. Il brise l’écoulement du temps. Il en devient maître. Ce jour-là paraît utile, à la fois pour s’arrêter, se refaire… Avec ce jour de repos, je découvre que j’ai le temps, c’est-à-dire que le temps m’a été remis, donné pour que je puisse la maîtriser et faire ce que j’ai envie pour moi, les miens, pour Dieu… Une étude américaine a montré que les personnes qui passaient du temps à prier, à méditer étaient celles qui vivaient le plus longtemps.

Bonnes vacances !

Père Maurice Bez
(Article publié dans la feuille paroissiale « Ensemble » du mois de juin 2016)

Juin, un mois comme les autres ?

Juin n’est vraiment pas un mois comme les autres.
En juin, tout se termine et tout commence.
L’année scolaire touche à sa fin, c’est la période des examens, des orientations ; pour nos enfants, l’avenir se dessine.
Dans les entreprises, c’est l’heure des bilans. La pause estivale n’empêche pas d’organiser déjà la reprise de la rentrée.
Nos communautés chrétiennes ne sont pas en reste, les moyens de nos paroisses se réduisent, les vacances ne seront pas sans soucis, il faut imaginer le renouveau.
Juin, mois de mutation, mois de transition.
La fin du printemps prépare l’été, le travail cède au repos.
Comme objectif, prendre un peu de bon temps : lâcher prise, voir ailleurs, être libre et zen, oublier les soucis, le stress, le chronomètre, et, comme on dit, « recharger ses batteries ».
Belles perspectives, mais n’oublions pas que s’il faut savoir penser à soi, on ne doit pas penser qu’à soi.
Les exclus, les malades… resteront plus seuls que jamais.
Ces vacanciers de l’ombre et de la solitude, nous en connaissons tous.
Dans la détente de nos congés, ne les oublions pas, et si possible, faisons-leur signe : un détour pour une rencontre, un message d’amitié…
Restons aussi à l’écoute du monde, intéressons-nous à la rencontre, à la culture locale, aux savoir-faire des uns des autres.
Reposons nos corps, nourrissons nos esprits, élevons nos âmes.
Bon courage à tous pour ce dernier « coup de collier ».
Et profitons au mieux de ces ambitieuses perspectives.

Éditorial publié dans RVO n°118, juin 2015
Alain Vautrin
Équipe de rédaction de RVO