Et Dieu prit forme humaine…

La liturgie pascale juive commence par cette affirmation : « Mon Père était un araméen errant… ». C’est le propre de tout ami de Dieu d’être « errants » dans le monde, c’est-à-dire sans attaches, pour aller à l’essentiel.

Jésus aussi commence sa vie comme « errant » ! Ses parents sont obligés de quitter la ville où ils résident pour aller de villes en villages pour annoncer la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour chaque homme.

Quel rapport avec Noël me direz-vous ?

Quand on pense Noël et que l’on est le commun des mortels, on voit : fête, cadeaux, illuminations, joie des enfants. Si l’on est chrétien, on doit dépasser le sapin décorer et le réveillon pour célébrer la nativité du Sauveur. Naissance dans une étable parce qu’il n’y a plus de place dans la salle commune, entouré seulement des bergers, les parias de l’époque. Car c’est là que Dieu fait irruption dans le cœur de l’Histoire. Celui qui était avant tous les siècles prend corps dans la réalité humaine et est déposé dans une mangeoire pour animaux.

Et désormais, Dieu a visage d’homme. Nous le cherchons dans les lointains alors qu’il est présent dans tous les « errants » que la vie a jetés sur les chemins du monde : pauvres de nos cités, mendiant quelques sous pour manger ; pauvres de toutes solitudes, mendiant un peu d’affection ; pauvres de la perte de leur patrie, mendiant une main tendue et un toit pour dormir !

Noël vient dans la nuit des temps, quand Dieu décide de se faire homme. A nous de nous mettre en chemin, enfin Fils, et d’avoir son visage d’intelligence et d’amour.

Père Michel Naas
(Article publié dans la feuille paroissiale du mois de décembre 2018)