Loin du bruit et de la fureur

Depuis plusieurs mois, le bruit domine dans la rue en vecteur du mécontentement. Les médias nous menacent d’une overdose d’informations trop souvent transmises sans discernement. L’audimat règne en maître, bien épaulé par la spontanéité : c’est à qui sera le premier à rendre compte de la situation, préférence étant donnée au spectaculaire.

Soudain, à l’aube de la Semaine sainte, la fureur de l’incendie qui ravage Notre-Dame de Paris, frappe de stupeur tant celui qui croit au ciel que l’athée. C’est « notre âme » qui est atteinte dans ce symbole commun de la foi et de la beauté d’une œuvre humaine. En ces temps où la société et l’Église sont bousculées, interpellées par les cris de ceux qui souffrent de mal-vivre ou d’atteintes graves sur leur personne, et après avoir entendu ces appels, l’heure est au sursaut pour de saines réactions et de nécessaires réformes.

En vous éloignant du tumulte, l’été qui s’annonce, vous offre, dans nos pages, des possibilités pour regarder ailleurs, penser à soi et aux autres, et prendre le temps de réfléchir. Laissez-vous conduire sur les chemins de croix… pattées, en redécouvrant les vertus du silence ou de la prière. Offrez des vacances à ceux qui, sans cela, n’auraient pas la chance de partir. Pour faire du « bruit », agréable aux oreilles, essayez le chant choral. Jeunes adultes, joignez-vous au rassemblement des huit diocèses de l’Est « Mandeure 2019 » ou, comme des adultes confirmands, affermissez et affirmez sereinement votre foi. Et découvrez aussi l’engagement d’un jeune adolescent, bien dans ses baskets et dans l’Église.

Bel été de partages et de découvertes !

Bernard Ruelle, rédacteur de RVO
(Édito publié dans RVO n° 140, juin 2019)

Un nouveau souffle pour l’Église

Charles, servant d’autel, de Miserey-Salines, répond aux questions de RVO.

RVO : Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
J’ai bientôt 13 ans. Après avoir suivi les cours de catéchisme en classe de CM1 et CM2, j’ai fait ma communion et souhaité continuer. Je fais ma profession de foi cette année et, après cela, je vais commencer mon parcours vers la confirmation : deux ans en groupe de jeunes, puis deux ans de préparation. Cela peut paraître long mais on a le temps d’approfondir nos connaissances et de bien réfléchir à cet engagement.

Comment es-tu devenu servant d’autel ?
Ma cousine l’était déjà et cela m’a donné l’idée de servir à mon tour. Je souhaitais aider en participant au déroulement de l’office. J’ai commencé en accompagnant les autres, puis j’ai suivi la formation. Depuis, Victor et Auguste, mes frères, ont rejoint l’équipe. Servir la messe permet aussi d’en voir le déroulement sous un angle différent. Prochainement, je serai référent lors de la future formation des servants.

As-tu un souvenir marquant ?
Lors de la veillée pascale, pour la première fois, j’étais thuriféraire et mon frère Victor, naviculaire (NDLR : porteurs de l’encensoir et de la navette d’encens).

Envisages-tu de t’impliquer dans l’Église plus tard ?
Être impliqué, ce n’est pas aller à la messe tous les dimanches. L’Église a besoin de personnes dans les équipes qui la font vivre, qui l’animent (coordination, liturgie, funérailles, catéchisme…).

Quel regard portes-tu sur l’Église ?
Je la vois jeune : nous étions cinquante sept lors de la retraite avant notre profession de foi et beaucoup d’accompagnants étaient de jeunes adultes. J’ai apprécié l’ambiance dynamique et joyeuse de la retraite ; on chantait souvent. Plus généralement, je pense que l’Église a la volonté de se rapprocher des gens. Au cours des homélies, les prêtres nous aident bien à comprendre le sens des textes.

Merci à Charles pour cet entretien vivifiant.

Propos recueillis par Bernard Ruelle, rédacteur de RVO, et publiés dans RVO n° 140, juin 2019

La prière du marcheur

Tu aimais marcher, Seigneur Jésus
et les gens aimaient ton pas.
Je t’imagines sous le chaud soleil
dévaler les collines de Galilée
ou gravir les montagnes de Judée.
Rien n’arrêtait ta marche sinon la misère des autres.

Aujourd’hui, je marche avec toi.
Je t’offre mes pas.
Chacun d’eux chante ma liberté.
Chacun d’eux rend grâce pour ma vie, mon souffle,
ma joie de vivre et de découvrir.
Chacun d’eux te bénit pour mon corps,
mon cœur et mon esprit reçus de toi,
Chacun d’eux te dit « je t’aime ».

Donne-moi l’audace du premier pas,
celui de la réconciliation qui tarde,
celui du père qui court au-devant
de l’enfant prodigue,
celui que tu souhaites envers le pauvre,
celui de l’enchantement qui devrait m’emporter
vers les autres qui ne te connaissent pas.

Apprends-moi à marcher avec toi
pour qu’à l’heure de mes derniers pas,
je les mette dans les tiens
et que je traverse le rideau de la mort en toute confiance.
Amen.

Alain Roy, prêtre
(Prière publiée dans RVO n° 140, juin 2019)

Notre-Dame de Paris

Compagnon bâtisseur,
D’une corde, d’un compas,
Tu marquas la grandeur
Du Seigneur ici bas.

Et du néant surgirent,
Telles des gerbes de pierres,
Des murs qui gravirent
Des degrés de lumière.

Austérité romane,
Voulue pour mieux chercher,
Sans troubler le profane
La voie de la clarté.

Au dehors, le tympan,
Commente la Parole
D’un dieu tout puissant,
Sous forme de symboles.

Et sur les chapiteaux
Se déroule l’histoire
Des textes originaux
Où apparut Sa gloire.

Puis, éclatant gothique,
Marqué par la dentelle
D’une pierre lyrique,
Où la foi étincelle.

Sortant la lueur
À la rose sacrée,
L’astre avive les couleurs
Des vitraux inspirés.

Sorti d’un monde farouche,
Le visiteur anxieux
Sent parfois que le touche
Le souffle de ces lieux.

À l’entrée, interdit,
Il contemple radieux,
Le navire de l’Esprit
Qu’ont bâti ses aïeux.

Texte de Bernard Ruelle, rédacteur de RVO
(publié dans la feuille paroissiale du mois de juin 2019)