Edito du 11 novembre

VIES FAUCHEES
A l’approche du 11 novembre les commémorations vont se multiplier pour évoquer le centenaire de l’armistice de 1918. Fin de la « grande guerre » qui marque à jamais les esprits avec ses millions de morts, ses innombrables blessés et ses souvenirs amers.
Cependant il nous faut tirer les leçons de ce conflit sanglant que l’on pensait ne jamais devoir se reproduire…..Me reviennent à l’esprit ces récits bouleversants des « anciens poilus » de mon village…L’un d’entre eux, Auguste, à l’époque âgé de près de 40 ans, animé d’un fort sentiment patriotique : « Je me vois, en ce jour du samedi 1er août, en train de faucher mon blé. J’entends le tocsin…Je rentre à la maison, j’embrasse ma femme et ma fille et je pars ! » Le patriotisme faisait partie des valeurs essentielles de ces rudes paysans. D’autres récits de ceux de la classe 13, en particulier celui du maire et du curé. Tous deux nés en 1893 et qui ont gardé des séquelles physiques et morales des tranchées, des gaz, des affrontements….Même la plus petite commune de France déroule son monument aux morts avec sa liste impressionnante de jeunes hommes fauchés en pleine maturité.
Malgré les 100 ans écoulés un récent séjour avec des pèlerins franc-comtois (sur la via Francigena) en région Nord-Picardie m’a impressionné par ces immenses cimetières en ce pays : ND de Lorette, champs d’honneur de la Somme, champ de la fraternisation évoqué par le film Joyeux Noël…En ces lieux sont rassemblés des milliers de corps de toutes nationalités ! Emotion d’une personne de notre groupe retrouvant le nom de son arrière grand père sur cet immense escargot du monument de Lorette : plus de 500.000 noms de ceux tombés en baie de Somme.
Si nous pouvions en tirer des leçons ! Pourquoi, en moins d’un siècle, trois conflits si meurtriers ? Alors pourquoi, à l’heure actuelle, tant d’affrontements, de haines sur tous les continents ? Ce n’est pas parce que l’Europe semble épargnée qu’il nous est permis de fermer les yeux. Le récent film sur le Pape « Homme de Parole » le rappelle avec une intensité et une rigueur émouvante.
Les commémorations, oui, si cela nous donne l’occasion de bâtir la paix, d’édifier des ponts, comme le dit souvent le Pape. Et surtout d’ouvrir nos cœurs. La semaine de la paix du 10 au 16 décembre et le 1er janvier nous donnent la tonalité : « Les migrants et les réfugiés : des hommes et des femmes en quête de paix » De son côté le Pape nous propose quatre pierres angulaires pour cette action : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. Vaste programme pour notre génération qui a la chance de vivre en paix.
                                                                                                  Norbert PETOT
Prière de Pax Christi
Seigneur, tu nous appelles à prendre le chemin de la rencontre. Donne nous d’être ouverts à l’autre, d’un autre pays, d’une autre culture. Aide nous à nous mettre en route, ensemble. Imprègne nous de ta Parole pour que nous puissions donner corps à ton Evangile