PratiqueAccompagnement spirituelLa saga des Vocations (épisode 7)

La saga des Vocations (épisode 7)

Dans notre magnifique Haut Doubs, là sur les sentiers au pied des sapins, germe la recherche de Jean-Marie…Dans ce 7° Episode de notre Saga, nous découvrons quelques hôtels de luxe, mais aussi un hôte de luxe qui fait petit à petit sa place en Jean-Marie. En cheminant d’un pourquoi-pas à un pourquoi-donner-sa-vie-au-Christ, Jean Marie finis par oser un oui à la rencontre du Christ …

Germes d’une vocation ?

 

Issu d’une famille catholique pratiquante, j’ai suivi les étapes de la vie chrétienne (baptême, eucharistie, profession de foi, confirmation), et, à l’âge de 8 ans, je deviens servant d’autel dans mon village ; Cela me plaisait. Lors de ma confirmation, mon grand-oncle prêtre, avec qui j’avais un lien particulier, me pose une question : « Jean-Marie, as-tu déjà pensé à devenir prêtre ? » Sacrée question ; que répondre, surtout lorsqu’on a 16 ans ? On a des idées pour son avenir mais celle-ci ne vient pas toujours en premier. C’est vrai aussi, que l’étape de la confirmation marque le début de l’engagement dans la vie de l’Eglise. C’est un peu une bombe mais je ne donne pas un non-catégorique. Mais plutôt « Pourquoi pas ? »

Arrivent les années lycée et fac, je commence à laisser un peu de côté ma foi. Même si je participe à un groupe d’aumônerie, je sens que je deviens plus consommateur qu’acteur. Je n’ose pas dire non plus à mes camarades, que je suis catho. On semble un peu ringard à cet âge. Ce n’est pas toujours évident. Après mon baccalauréat, comme par hasard, je reprends contact avec mon grand-oncle en le questionnant sur la prêtrise. Pour moi, en plus de son charisme, il est un témoin de Jésus. Beaucoup de questions surgissent, telle celle-ci : « Pourquoi donner sa vie au Christ ? » L’idée revient dans un coin de ma tête mais repart aussitôt.

De l’hôtel à l’autel 

Après une année à la fac, je décide d’arrêter, car ça ne me plait pas beaucoup. Et là je me demande : « Que vais-je faire de ma vie ? ». Question existentielle mais importante pour un jeune de 20 ans. Dans la paroisse de mon village, les gens me disent : « la prêtrise ne te tente pas ? ». Je ne me sens pas prêt. En 2004, je décide d’entrer au Cours Hôtelier de Besançon, car le fait de rendre service aux gens, d’être au contact du public me plait beaucoup Même si le régime est difficile au début, au bout de 9 mois de théorie, et après 3 mois de stage, j’obtiens mon diplôme et je rentre dans la vie active. ENFIN !! Pour moi débute une carrière dans les grands hôtels, les palaces. Après le Luxembourg en tant que gouvernant, suit une épopée anglaise à Londres, à Cannes comme réceptionniste pour finir dans un prestigieux palace parisien dans la conciergerie. Satisfaction totale, rencontre de personnalités. Que de réjouissance, car j’accomplis le service des autres. Expérience riche aussi qui fait grandir. Durant cette période, ma foi s’évapore un peu. Lorsque j’étais à Paris, j’aimais aller me balader dans les diverses églises, me poser un peu. Mais un beau jour, quelque chose survint. En effet, lors d’un repos, je décide de partir 3 jours à Ars, village de mon saint patron. Pourquoi ? Je n’en sais rien.

Là-bas, pendant ce séjour, coupé du monde tumultueux, un événement indéfinissable me bouleversa si bien qu’à mon retour je pris la décision de démissionner. Pourtant, j’avais la sécurité de l’emploi, mon job me plaisait énormément, j’envisageais même fonder une famille, mais 1% manquait à mon épanouissement total. Mon responsable fut très surpris par cette nouvelle et j’ai mis plus d’un an à lui donner la véritable raison de peur qu’il ne comprenne pas mon choix. J’ai gardé le contact avec lui et il est heureux de ma démarche. J’avais pris conscience que ma foi était en sommeil, qu’il fallait la réveiller, et que je voulais répondre à l’appel du Seigneur.

Oser franchir le pas

Comme j’avais démissionné, je suis rentré chez mes parents en 2010, et j’ai rencontré le jeune prêtre, qui venait d’être nommé dans mon village, pour lui parler de mon cheminement. Il fut un médiateur. Il me proposa de suivre le parcours Samuel destiné à des jeunes qui veulent réfléchir à leur vocation. Ce groupe m’a beaucoup apporté, il m’a fait grandir. C’est une richesse de pouvoir échanger sur différents thèmes de la vie chrétienne et du choix de vocation. Qu’est-ce que Dieu attend de moi ? Eternelle question. Ce fut aussi durant cette année 2010-2011 que je découvris l’accompagnement spirituel. Quelle merveille !! Relire sa vie, son parcours de foi, prendre du recul, poser des choix. Quelle aide précieuse !! Au terme de ce parcours, une décision est à prendre : entrer ou non au séminaire. Plus facile à dire qu’à faire : reprendre des études n’est pas ma tasse de thé, cela m’effraie. Je doute, mais c’est normal, cela fait avancer la foi. Une phrase de mon curé me réconforte : « un an t’est donné pour voir ce que c’est. Profites-en. Après tu pourras décider. Si tu ne le fais pas, tu auras toujours ta question sans cesse dans la tête et tu ne pourras pas avancer en vérité avec toi-même. Il faut avoir confiance. Le Seigneur sera là pour te guider ». Me voilà parti en septembre 2011 au Séminaire Interdiocésain d’Orléans, pour commencer par l’année Notre Dame du Chemin (faite pour les personnes qui ont eu une expérience professionnelle et permettant d’entrer doucement dans le séminaire). Certes, au début, ça n’a pas été une partie de plaisir, mais UNE personne était là qui était UN roc sur lequel je pouvais m’appuyer. Petit à petit, ma relation au Christ s’est tissée, renforcée et je suis un homme heureux. Je me laisse façonner par Lui. Actuellement en 3e année, je commence à être sur le terrain. Je suis à la paroisse de Gray, avec le Père BRETILLOT, tous les quinze jours et pour le moment ça me booste.  

Ce que j’ai envie de dire

Répondre à l’appel du Christ est une aventure qui se construit au fil du temps. Il nous appelle toujours par des intermédiaires, Il ne m’a pas envoyé un SMS un matin. Les personnes qu’Il a mises sur ma route ont été ma cordée pour pouvoir un jour lui répondre OUI. Jésus ne cesse d’appeler chacun de nous ; parfois, nous sommes sourds mais Il est patient. C’est pour cela que la fameuse expression « crise des vocations » est erronée, c’est la « crise des réponses ». Il nous attend. Chaque vocation est unique, il n’y en a pas une meilleure que les autres. J’ai choisi cette direction parce que je pense que c’est sur cette voie qu’Il me veut. Raconter son parcours vocationnel n’est pas simple, ce n’est pas quelque chose de figé mais de vivant, qui se transforme quotidiennement même si je m’enracine en Lui. On n’est pas chrétien, on le devient. Faire confiance au Seigneur, le reste se dévoilera petit à petit. Il saura te rejoindre là où tu es et où tu en es. Alors vas-y fonce et OSE dire OUI !!

 

Jean-Marie LARUE - 30 ans - Originaire du Russey

 

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