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Conseil spirituel

Nous passons notre temps à demander des conseils pour tout et n'importe quoi, voire à chercher des aides à travers des choses qui ne nous aideront pas (horoscopes, psycho-philo-théologies de bazar, etc.)
Quant on est plus sérieux, on va trouver des personnes de bon conseil, qu'ils soient psychologues, coach, parrain ou spécialiste de telle ou telle question.
Mais, dans notre vie de foi, sommes-nous guidés, accompagnés ? Un chrétien seul est un chrétien en danger, surtout quand il s'imagine qu'il n'a besoin de personne pour franchir les étapes de sa foi.


Vivre en chrétien, c'est chercher à discerner l'appel de Dieu à travers les événements de sa vie, grâce à :


  • une analyse précise de la situation personnelle,
  • la lumière qu'apporte l'Evangile.

Mais, impliqués dans des situations de vie complexes, nous ne sommes pas toujours bien placé pour avoir le recul nécessaire sur notre vie et savoir à tel ou tel moment comment l'orienter au mieux pour notre bien. Nous avons donc besoin d'aide et de conseils extérieurs, même si nous restons maîtres de nos décisions. L'aide d'un accompagnateur ou conseiller spirituel peut s'avérer utile.
Son rôle est tout simplement d'"abattre les cartes", de montrer à l'intéressé tel ou tel aspect de la question qu'il pourrait oublier ou négliger.


Le conseiller spirituel n'impose rien, il propose un éclairage voire des moyens, mais ce n'est ni une "rustine" spirituelle, ni un gourou, ni un faire-valoir.
Son rôle est d'éclairer, et de renvoyer les personnes à leurs responsabilités. Il n'est donc en aucun cas là pour juger la personne ou pour faire à sa place des choix éminemment intimes.
D'ailleurs, c'est souvent à la personne qui souhaite être conseillée ou accompagnée de faire le premier pas, de demander ce conseil.


Le conseiller, qu'il soit homme ou femme, doit être une personne de discernement, posée, mûre et réfléchie. Il doit avoir une "certaine expérience de Dieu", un certain art spirituel qui invite à l'approfondissement tout en ne figeant rien et en motivant le cheminement de la foi de la personne rencontrée. La foi est un chemin de conversion, un devenir de tous les instants, dans lequel il faut savoir poser des jalons, des étapes, voire des haltes. Les plus grands saints sont des quêteurs, des marcheurs, des chercheurs qui sont, à l'instar de Sainte Catherine de Gênes, "sortis de soi pour n'y plus jamais rentrer". Ils ont sûrement été bons conseillers, mais ont certainement été le pus souvent bien conseillés ! Jusqu'à s'en remettre à l'Esprit Saint, le meilleur des accompagnateurs spirituels.


La "direction spirituelle", comme on l'appelait surtout autrefois, est une réalité traditionnelle et vivante de l'Eglise chrétienne. Elle était en usage chez les moines irlandais, à partir du VIème siècle, parfois de façon conjointe avec le sacrement de réconciliation, ce qui a longtemps provoqué une confusion entre ces deux pratiques.


On retrouve actuellement la spécificité de chacune. Ignace de Loyola, au XVIème siècle, en a fait un des outils majeurs de la vie spirituelle, en particulier des Exercices spirituels. C'est bien ce rôle de conseiller spirituel que joue, dans l'orthodoxie, l'higoumène, remis à l'honneur aujourd'hui dans certaines congrégations religieuses catholiques, telles que les Petites Soeurs de Bethléem.


Ce recours au conseil d'un "aîné" dans la foi et dans la vie spirituelle rappelle que la foi est reçue de Dieu par l'Eglise, et que tout chrétien est un maillon dans une longue chaîne de croyants, la famille des enfants de Dieu, bien aimés du Père. Hier, on appelait celui qui assumait un rôle de conseil spirituel directeur spirituel ou directeur de conscience. Aujourd'hui, on parle plutôt de père spirituel, ou encore de frère spirituel, accompagnateur ou conseil spirituel.


 
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