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A nos martyrs vietnamiens

http://www.besancon.mondio16.com/images/articles/martyrs.JPGDimanche 28 octobre, le diocèse rendait hommage à ses trois martyrs vietnamiens : Étienne-Théodore Cuenot, Isidore Gagelin et Joseph Marchand. Mgr Jean-Luc Bouilleret a présidé cette cérémonie en la cathédrale Saint-Jean-Saint-Etienne de Besançon.

Tous les trois ont donné leur vie au Vietnam, où ils étaient partis évangéliser. Aujourd’hui encore, il existe de forts liens entre notre diocèse et ce pays.

Découvrez l’homélie prononcée par l’archevêque lors de cette messe qui célébrait le trentième anniversaire de leur canonisation par le pape Jean-Paul II.

« Frères et sœurs, chers amis, chers amis vietnamiens, chers amis francs-comtois, aujourd’hui nous rendons hommage aux trois martyrs de notre diocèse de Besançon en y associant Pierre-François Néron (1818-1860) du diocèse de Saint Claude.

Étienne-Théodore Cuenot, évêque et martyr, né en 1802 au Bélieu. Il entre aux Missions Étrangères de Paris en 1827.  Évêque en 1835, il meurt d’épuisement le 14 novembre 1861. Il a exercé un long apostolat au Vietnam et sa mémoire est vive dans les communautés chrétiennes.

Isidore Gagelin, prêtre martyr, né en 1799 à Montperreux. Prêtre des Missions Étrangères de Paris en 1822, il fut supplicié, emprisonné et étranglé le 17 octobre 1833.

Joseph Marchand, prêtre martyr, né en 1803 à Passavant. Arrivé en Cochinchine en 1829, il fut condamné au supplice des 100 plaies pour avoir prêché la doctrine du Christ. Il meurt en donnant le témoignage de sa foi, le 30 novembre 1835.

Dans sa lettre pour le martyre de Joseph Marchand, Étienne-Théodore Cuenot, évêque de Metellopolis, coadjuteur de Cochinchine, écrivait : « Réjouissez-vous, votre cher fils, M. Joseph Marchand est au ciel, il obtenu la couronne du martyre le 30 novembre 1935. Il est le troisième des missionnaires de la Cochinchine qui ont eu le bonheur de donner leur vie pour la foi ; M. Gagelin, son compatriote des environs de Pontarlier, avait eu ce bonheur dès le 17 octobre 1833. »

Ces trois hommes de notre terroir ont donné leur vie loin de chez eux en témoignage de leur foi en Jésus-Christ. Ils avaient fait leur demeure en Jésus-Christ. Transformés par la passion du Christ, ils ont vécu leur propre passion. Leur sang versé a été semence de la foi dans ce pays qui nous est si proche et si lointain. Notre diocèse de Besançon hérite de leur courage, de leur ténacité et de leur persévérance. Nous recevons, aujourd’hui encore, la fécondité de leur ministère apostolique. Ils sont pour nous des modèles dans l’adversité, des hérauts de la foi et des témoins de la fidélité de Dieu.

Les liens avec les communautés diocésaines et paroissiales au Vietnam ont toujours été ancrés en notre diocèse. Ces dernières années nous avons souhaité les développer. Un pèlerinage diocésain, une visite apostolique du vicaire général, l’accueil de deux prêtres, Pierre et Paul, la venue d’une communauté de religieuses Amantes de la croix, Marie, Thérèse et Anne et l’espérance de la venue de deux prêtres au printemps prochain tissent des liens d’alliance entre nous. Aujourd’hui, nous avons une pensée et une prière toutes intenses pour le Père Paul qui retrouve peu à peu une meilleure santé après son accident vasculaire.

Voici trente ans, le Pape Jean-Paul II canonisait 117 martyrs vietnamiens (1745-1862) sur un peu plus d’un siècle. Aujourd’hui, nous ravivons la mémoire de ceux qui sont partis de notre diocèse. Notre célébration vient manifester que l’Église catholique est une et universelle. Elle est l’Église du Christ ici et là-bas. Elle est l’Église du Christ qui se construit par le témoignage des martyrs. Elle est l’Église du Christ qui cherche de nouveaux chemins d’évangélisation. Elle est l’Église du Christ qui donne la parole à tous, aux nouvelles générations en la clôture du synode romain sur la jeunesse.

En ce dimanche de mémoire laissons la Parole de Dieu transformer nos cœurs. L’évangile nous présente la figure de Bartimée. Il nous est sympathique cet homme du bord du chemin. Nous lui ressemblons parce que nous sommes souvent au bord du chemin attendant un événement imprévu.

Jésus sort de Jéricho. Il est accompagné d’une foule nombreuse mais il va porter attention à cet homme de côté. Alors un cri retentit : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ». Quelle audace de la part de cet homme aveugle. Son cri est comme un espoir de lumière. Il répète deux fois cette interpellation. Jésus l’appelle, l’interpelle sur son désir : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » « Va, ta foi t’a sauvé ».

Comment ne pas entendre cette parole adressée par Jésus à travers les siècles aux trois martyrs que nous honorons. « Va, ta foi t’a sauvé. » Leur foi les a sauvés au cœur des persécutions.

Demandons la grâce d’une telle foi, celle de Bartimée et celle d’Étienne-Thédore, Joseph et Isidore. Que nous bondissions à la rencontre de Jésus et que nous témoignions qu’il est le vrai Dieu hier, aujourd’hui et demain. »

+ Jean-Luc BOUILLERET

   Archevêque de Besançon

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